Démarches

Déclaration en mairie : le mode d'emploi

Sept démarches, dans l'ordre, avec ce qu'il faut préparer, à qui s'adresser et combien de temps ça prend. Écrit pour un propriétaire, pas pour un juriste.

Mis à jour le 12 août 2026·11 min de lecture·Par Charly Pilet

Les démarches font peur parce qu'elles sont éparpillées entre la mairie, l'administration fiscale, l'intercommunalité et un organisme de classement. Prises une par une, aucune n'est compliquée. Voici l'ordre dans lequel les faire.

Avant de lire la suite

Une grande partie de ces règles dépend de décisions strictement locales, qui peuvent changer à chaque conseil municipal. Ce guide vous donne la logique générale et les bonnes questions ; il ne remplace pas un appel à votre mairie. Nous passons cet appel pour chaque bien que nous prenons en gestion, et il réserve régulièrement des surprises d'une commune à l'autre.

Les trois questions à poser avant tout

Un seul appel à votre mairie, trois questions. Notez les réponses : tout le reste en découle.

  1. « Quelle est la procédure d'enregistrement des meublés de tourisme chez vous ? »

    Le passage à un téléservice national unique est en cours de déploiement. Selon l'avancement de votre commune, on vous orientera vers ce guichet ou vers la procédure locale encore en place.

  2. « Ma commune applique-t-elle l'autorisation de changement d'usage ? »

    C'est la question qui distingue une démarche de dix minutes d'un dossier avec instruction. En Sud Vendée, la réponse est non dans la plupart des communes rurales.

  3. « Avez-vous pris des délibérations sur les meublés de tourisme ? »

    Quotas, zones réservées dans le PLU, abaissement du plafond de nuitées à 90. Ces décisions sont récentes et beaucoup de propriétaires ignorent leur existence.

Résidence principale ou secondaire : ça change tout

C'est la première bifurcation, et elle détermine la moitié de vos obligations.

Résidence principaleRésidence secondaire ou bien dédié
DéfinitionVous y vivez au moins 8 mois par anTout le reste
EnregistrementObligatoireObligatoire
Plafond de location120 nuits par an, parfois 90Aucun plafond
Changement d'usageNon requisRequis dans les communes concernées
Justificatif à fournirPreuve de résidence principale

Un point que beaucoup découvrent trop tard : le plafond de nuitées ne concerne que les résidences principales. Si votre bien est une maison que vous n'habitez pas, vous pouvez le louer 365 jours par an — sous réserve, dans certaines communes, d'avoir obtenu le changement d'usage.

La déclaration et le numéro d'enregistrement

C'est la démarche centrale, désormais obligatoire dans toutes les communes de France, pour tous les meublés de tourisme.

Ce qu'on vous demandera

Ce que vous obtenez

Un numéro d'enregistrement à treize chiffres. Il est attaché au logement, pas à vous : deux biens, deux numéros. Il doit apparaître sur chacune de vos annonces, sur toutes les plateformes. Les plateformes ont désormais l'obligation de vérifier ce numéro et de retirer les annonces non conformes.

L'erreur la plus fréquente

Obtenir le numéro, le mettre sur Airbnb, et oublier Booking et Abritel. Le contrôle porte sur chaque annonce prise séparément. Prenez cinq minutes pour vérifier partout où vous êtes publié — c'est le manquement le plus courant et le plus facile à corriger.

Le changement d'usage, quand il s'applique

C'est une procédure distincte de l'enregistrement, et beaucoup plus lourde. Elle consiste à demander l'autorisation de transformer un local d'habitation en meublé de tourisme.

Elle ne s'applique que dans les communes qui l'ont mise en place — historiquement les grandes villes et les zones tendues, et depuis la loi Le Meur, un nombre croissant de communes touristiques, notamment sur le littoral.

SituationCe qui s'applique
Commune rurale sans dispositifEnregistrement seul
Commune avec changement d'usage, résidence principaleEnregistrement seul
Commune avec changement d'usage, résidence secondaireEnregistrement + autorisation
Commune appliquant la compensationAutorisation très difficile à obtenir

La dernière ligne mérite une explication, parce qu'elle bloque des projets entiers. La compensation oblige à transformer en habitation une surface équivalente ailleurs dans la commune pour obtenir l'autorisation. En pratique, c'est hors de portée d'un particulier. Dans les communes qui l'appliquent, la seule voie praticable est le bail mixte — louer à l'année à un étudiant ou un jeune actif sur neuf mois, et exploiter le bien en meublé de tourisme pendant l'été. Nous détaillons ce montage sur notre page consacrée à La Rochelle, où la question se pose systématiquement.

La règle des 120 nuits, en pratique

Elle ne concerne que les résidences principales. Trois précisions utiles :

Le SIRET et la déclaration d'activité

Louer un meublé de tourisme est une activité commerciale, même occasionnelle et même pour quelques semaines par an. Il faut donc déclarer l'activité et obtenir un numéro SIRET.

La démarche se fait en ligne sur le guichet des formalités des entreprises, elle est gratuite, et prend une quinzaine de minutes. Vous recevez votre SIRET sous quelques jours à quelques semaines.

Deux points d'attention : c'est ce numéro qui conditionne votre régime fiscal, donc il vaut mieux le faire dès le départ plutôt qu'après une première saison ; et la plupart des propriétaires relèvent du statut de loueur en meublé non professionnel, ce qui n'implique ni cotisations sociales lourdes ni changement de statut personnel tant que les recettes restent sous 23 000 € et inférieures aux autres revenus du foyer.

La taxe de séjour

Elle est due par le voyageur, collectée par vous, et reversée à l'intercommunalité. Son montant dépend de la commune et du classement du logement.

Dans la quasi-totalité des cas, Airbnb et Booking la collectent et la reversent automatiquement : vous n'avez rien à faire. La vigilance porte sur deux situations : si vous louez en direct, sans plateforme, la collecte et le reversement vous incombent, sur un rythme généralement trimestriel ; et un meublé non classé est taxé en pourcentage du prix de la nuitée, souvent plus lourdement qu'un meublé classé, taxé au forfait par personne et par nuit.

Le classement en meublé de tourisme

C'est une démarche facultative, et c'est la plus rentable de toutes depuis la réforme fiscale.

150 – 250 €Coût de la visite de classement
5 ansDurée de validité
50 %Abattement micro-BIC conservé, contre 30 %
77 700 €Plafond de recettes, contre 15 000 €

Comment ça se passe

  1. Vous contactez un organisme accrédité

    La liste est disponible auprès de l'office de tourisme ou de la chambre de commerce. Certains offices de tourisme organisent des campagnes groupées à tarif réduit — cela vaut la peine de demander.

  2. Un visiteur passe une heure chez vous

    Il remplit une grille de contrôle portant sur les équipements, le confort, l'accessibilité et les services. Rien de piégeux : la grille est publique, demandez-la avant pour corriger ce qui manque.

  3. Vous recevez une décision de classement de 1 à 5 étoiles

    Valable cinq ans. Pour l'avantage fiscal, une étoile suffit : c'est le fait d'être classé qui compte, pas le nombre d'étoiles.

Le point que beaucoup ratent

Pour l'abattement fiscal, être classé une étoile ou cinq étoiles revient au même. Inutile de faire des travaux pour viser haut : faites classer le bien tel qu'il est, encaissez l'avantage fiscal, et améliorez ensuite si vous le souhaitez. Trop de propriétaires repoussent la démarche en attendant d'être « prêts » et perdent des milliers d'euros d'assiette imposable en attendant.

Le récapitulatif, dans l'ordre

#DémarcheCoût
1Appeler la mairie — les trois questionsMairieGratuit
2Vérifier le règlement de copropriété et informer le syndicSyndicGratuit
3Enregistrer le logement et obtenir le numéroTéléservice ou mairieGratuit
4Demander le changement d'usage, si applicableMairieVariable
5Déclarer l'activité et obtenir le SIRETGuichet des formalitésGratuit
6Prévenir son assureurAssurance~200 €/an
7Faire classer le meubléOrganisme accrédité150 – 250 €
8Afficher le numéro sur toutes les annoncesPlateformesGratuit

Comptez une demi-journée de démarches au total, étalée sur trois à six semaines à cause des délais d'instruction. C'est peu au regard de ce que coûte une annonce retirée en pleine saison.

« Les démarches, on les fait avec le propriétaire au premier rendez-vous. Ça prend une heure, et ça évite le scénario qu'on a vu trop souvent : une annonce retirée au mois de juin parce qu'il manquait un numéro à afficher. Une saison perdue pour dix minutes de formalité. »
Charly Pilet — fondateur, Conciergerie Sud Vendée

Questions fréquentes

Dois-je déclarer mon logement si je ne loue que quelques semaines par an ?

Oui. L'obligation d'enregistrement ne dépend ni de la durée de location, ni du montant des recettes. Elle s'applique à tout meublé de tourisme, dans toutes les communes de France, dès la première nuit louée. La déclaration d'activité et l'obtention d'un SIRET sont également obligatoires, même pour une activité occasionnelle.

Comment savoir si ma commune applique le changement d'usage ?

En appelant la mairie, c'est la réponse la plus fiable et la plus rapide. En Sud Vendée, la plupart des communes rurales ne l'appliquent pas ; les communes littorales, où la pression sur le logement à l'année est forte, sont beaucoup plus nombreuses à l'avoir mis en place. Ne vous fiez jamais à ce qui se pratique dans la commune voisine.

Le classement en meublé de tourisme est-il obligatoire ?

Non, il reste facultatif. Mais depuis la loi Le Meur, il est devenu très rentable : il conserve l'abattement micro-BIC de 50 % au lieu de 30 %, avec un plafond de recettes de 77 700 € au lieu de 15 000 €. Pour 150 à 250 € tous les cinq ans, c'est la démarche au meilleur rapport coût/bénéfice de toute l'activité.

Que risque-t-on à ne pas déclarer ?

L'amende peut atteindre 10 000 € pour un défaut d'enregistrement et 20 000 € en cas de fausse déclaration. Mais le risque le plus immédiat est ailleurs : les plateformes ont l'obligation de vérifier les numéros et de retirer les annonces non conformes. Une annonce retirée en juin, c'est une saison perdue et un classement à reconstruire.

Faut-il un SIRET même pour une seule location ?

Oui. La location d'un meublé de tourisme est une activité commerciale, quelle que soit son ampleur. La déclaration se fait en ligne sur le guichet des formalités des entreprises, elle est gratuite et prend un quart d'heure. C'est aussi elle qui détermine votre régime fiscal, donc mieux vaut la faire avant la première réservation qu'après.

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On fait les démarches avec vous ?

Mairie, enregistrement, SIRET, classement : on passe l'heure nécessaire avec vous au premier rendez-vous. C'est compris, et sans engagement.

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