Occupation

Remplir son calendrier d'octobre à mars

Tout le monde sait remplir un logement vendéen au mois d'août. Le métier commence en novembre — et c'est là que se joue la différence entre 30 % et 55 % d'occupation annuelle.

Mis à jour le 12 août 2026·12 min de lecture·Par Charly Pilet

Un propriétaire nous dit souvent : « de toute façon, en hiver, il n'y a personne ». C'est faux, et cette phrase coûte cher — elle vaut en général entre 4 000 et 8 000 € par an sur une maison familiale.

Il y a moins de monde en hiver, c'est vrai. Mais il y a surtout beaucoup moins d'offre, parce que la majorité des propriétaires ont baissé les bras. Le rapport entre offre et demande est parfois plus favorable en février qu'en juillet.

Pourquoi la basse saison vaut plus que l'été

Le calcul est contre-intuitif, alors posons-le.

Bien « été seulement »Bien géré toute l'année
Nuits vendues juillet-août4850
Nuits vendues le reste de l'année62150
Occupation annuelle30 %55 %
Recettes brutes11 400 €18 300 €

Maison 3 chambres, secteur Fontenay-le-Comte. L'été est presque identique dans les deux cas : toute la différence se fait sur les huit autres mois.

Une nuit de novembre à 70 € rapporte peu, prise isolément. Mais son coût marginal est proche de zéro : le bien est là de toute façon, l'assurance est payée, la taxe foncière aussi. Chaque nuit de basse saison est presque intégralement du gain.

Et il y a un effet second, souvent ignoré : un calendrier qui tourne toute l'année améliore votre classement dans les résultats de recherche des plateformes. Un bien actif en février se positionne mieux en juillet qu'un bien resté dormant six mois.

Les travailleurs en déplacement : l'angle mort du secteur

C'est, de très loin, l'opportunité la plus sous-exploitée autour de Fontenay-le-Comte — et celle dont aucun guide national ne parle, parce qu'elle est strictement locale.

Le bassin fontenaisien accueille des plateformes logistiques qui représentent plusieurs centaines d'emplois. Autour de ces sites gravite en permanence une population qui a besoin de se loger : équipes de mise en service, techniciens en mission, encadrants mutés, prestataires en chantier, intérimaires en contrat long, formateurs. À cela s'ajoutent les entreprises industrielles et agroalimentaires du secteur, et les artisans qui interviennent sur des chantiers de plusieurs semaines.

Ces gens ne cherchent pas un hôtel. Ils cherchent exactement ce que vous avez :

Et ils présentent trois avantages considérables : ils réservent en semaine — précisément les nuits que personne ne vend hors saison ; ils restent longtemps — de trois semaines à trois mois ; et ce sont les voyageurs les moins problématiques du métier, parce qu'ils partent travailler à 7 h et rentrent pour dormir.

Comment on va les chercher

Une partie passe par les plateformes, à condition d'être trouvable : tarifs mensuels dégressifs activés, mention explicite du télétravail et du bureau dans l'annonce, photos du coin bureau et de la machine à laver. Mais l'essentiel se joue en direct : services RH et services généraux des entreprises du bassin, agences d'intérim, entreprises de travaux publics. Un mail bien fait à cinq responsables, avec des photos et un tarif mensuel clair, remplit plus de nuits d'hiver que six mois d'optimisation d'annonce.

Les week-ends de couples, toute l'année

La demande de week-end existe douze mois sur douze. Ce qui manque, ce n'est pas la clientèle : c'est une raison de venir en février.

Trois arguments fonctionnent, par ordre d'efficacité décroissante :

  1. Un spa ou un bain nordique

    L'équipement qui transforme le plus radicalement un calendrier d'hiver. Un bien avec spa se loue en janvier presque aussi bien qu'en juillet, et à un tarif de week-end élevé. C'est l'investissement au meilleur retour de tout notre métier — sous réserve d'anticiper l'entretien, qui est réel.

  2. Une cheminée ou un poêle à bois

    Beaucoup moins cher, et redoutablement efficace. Une photo de feu allumé dans une annonce en novembre change le taux de clic. Prévoyez le bois : le fournir change tout, et la logistique se règle avec un stère livré à l'automne.

  3. Le charme, tout simplement

    Pierre apparente, poutres, vue, jardin clos, décoration soignée. Un logement qui a une âme se vend en hiver ; un logement neutre ne se vend que quand il n'y a plus rien d'autre.

Les séjours longs et la clientèle de transition

C'est la clientèle la plus discrète, et elle est constante. Des personnes en transition résidentielle : entre deux logements après une vente, pendant des travaux, après une mutation, à la suite d'une séparation, ou en repérage avant d'acheter dans la région.

Elles cherchent un logement meublé pour un à trois mois, elles paient sans discuter, elles prennent soin des lieux. Pour les capter, une seule chose à faire : activer les tarifs mensuels dégressifs, avec une remise de 25 à 35 %. Sans cette remise, votre bien n'apparaît même pas dans leurs recherches.

Le calcul mérite d'être posé : un mois de janvier vendu 1 100 € en séjour long, c'est mieux que six nuits éparpillées à 75 €. Et c'est une rotation au lieu de six.

Le logement atypique ne connaît pas de basse saison

C'est le point le plus important de cet article pour qui envisage des travaux ou un achat.

Un logement ordinaire se loue pour ce qui l'entoure : la plage, la ville, le site touristique. Sa demande suit donc la saison de son environnement, et rien ne peut l'en détacher. Un logement atypique se loue pour ce qu'il est. La destination devient secondaire — c'est le logement lui-même qui est la destination.

Type de bienOccupation en étéOccupation de novembre à mars
Appartement standardélevéetrès faible
Maison familiale classiqueélevéefaible
Maison de caractère avec poêleélevéecorrecte le week-end
Gîte avec spaélevéeforte le week-end
Cabane, roulotte, bien insoliteélevéeforte, quasi constante

Conséquence directe : sur un bien atypique, l'écart entre le tarif de juillet et celui de février se resserre fortement. Là où une maison classique divise son prix par deux en hiver, une cabane avec bain nordique le baisse à peine.

Nous conseillons régulièrement des propriétaires sur cet axe, y compris quand cela ne débouche sur rien pour nous — parce que c'est la meilleure décision qu'un propriétaire puisse prendre sur ce marché. À budget de travaux équivalent, ajouter du caractère rapporte davantage qu'ajouter des mètres carrés.

Les réglages concrets à faire sur votre annonce

  1. Activez les remises semaine et mois

    10 à 15 % à la semaine, 25 à 35 % au mois. Sans elles, vous êtes invisible pour toute la clientèle des séjours longs.

  2. Descendez le minimum de nuits à une seule en basse saison

    Le raisonnement de l'été ne s'applique pas : en février, mieux vaut une nuit vendue que trois nuits refusées.

  3. Autorisez les arrivées et départs tous les jours

    Le samedi-samedi est une logique d'été. Hors saison, elle vous fait perdre l'essentiel des demandes.

  4. Réécrivez votre annonce pour l'hiver

    Une annonce qui ne parle que de la plage ne se vend pas en janvier. Ajoutez le feu de cheminée, le télétravail, les balades d'automne, le calme. Certaines plateformes permettent d'adapter les photos selon la saison — mettez la photo de feu allumé en tête à partir d'octobre.

  5. Mentionnez explicitement le télétravail

    « Bureau avec chaise ergonomique, fibre à 300 Mb/s, adapté au télétravail » est une phrase qui rapporte de l'argent. Beaucoup de voyageurs filtrent sur ce critère.

  6. Baissez vos prix d'hiver plus que vous ne le croyez nécessaire

    Un tarif d'été divisé par deux reste souvent trop élevé en février. Le bon prix est celui qui remplit.

Le calendrier d'octobre à mars, mois par mois

MoisCe qui se vendPriorité
OctobreVacances de la Toussaint, couleurs d'automne, cyclotourisme tardifFamilles et week-ends
NovembreLe mois le plus difficile. Travailleurs et séjours longsSemaine et mensuel
DécembreDeux semaines très fortes autour des fêtes, le reste calmeGrandes tablées, séjours familiaux
JanvierSéjours longs, transitions résidentielles, missions professionnellesMensuel avant tout
FévrierVacances scolaires, week-ends en amoureuxSpa, cheminée, atypique
MarsReprise nette : week-ends, premiers cyclistes, marais qui reverditWeek-ends prolongés

Deux périodes méritent une attention particulière. Les fêtes de fin d'année : un grand logement capable d'accueillir dix à douze personnes se loue très cher entre Noël et le Jour de l'An, sur des séjours de cinq à sept nuits, et cette demande se réserve dès septembre. Les vacances de février : elles fonctionnent partout, y compris loin du littoral, à condition d'avoir un argument chaleur — poêle, spa, ou simplement un intérieur cosy bien photographié.

« Le calendrier vide de novembre, ce n'est pas une fatalité vendéenne, c'est un problème de clientèle. Les touristes sont partis, mais les gens qui travaillent sur les plateformes, eux, sont là toute l'année. Personne ne va les chercher — c'est exactement pour ça que ça marche. »
Charly Pilet — fondateur, Conciergerie Sud Vendée

Questions fréquentes

Y a-t-il vraiment de la demande en Vendée en hiver ?

Oui, mais ce ne sont pas les mêmes voyageurs. L'hiver se remplit avec des travailleurs en déplacement, des séjours longs, des personnes en transition résidentielle et des couples en week-end quand le bien a un argument — poêle, spa ou vrai caractère. Il y a moins de demande, mais aussi beaucoup moins d'offre, car la plupart des propriétaires ont renoncé.

Comment attirer les travailleurs en déplacement ?

Sur votre annonce : activez les tarifs mensuels dégressifs, mentionnez explicitement le télétravail, montrez le coin bureau, la machine à laver et le stationnement. Et surtout, allez les chercher en direct : services RH et services généraux des entreprises du bassin, agences d'intérim, entreprises de travaux. C'est ce canal-là qui remplit vraiment les nuits de semaine.

Faut-il baisser fortement ses prix en hiver ?

Oui, davantage que la plupart des propriétaires ne l'acceptent. Une nuit d'hiver a un coût marginal quasi nul : elle est presque intégralement du gain. Et un calendrier actif toute l'année améliore votre classement dans les résultats de recherche, ce qui profite ensuite à votre saison d'été.

Un spa est-il vraiment rentable ?

C'est l'équipement au meilleur retour sur investissement du métier, parce qu'il ne se contente pas d'augmenter le tarif : il rend possibles des nuits qui n'existaient pas. Un bien avec spa se loue en week-end de janvier presque aussi bien qu'en juillet. Deux réserves : l'entretien est réel, et il faut le prévoir avant d'acheter.

Les logements atypiques se louent-ils mieux ?

Nettement, et surtout hors saison. Un logement ordinaire se loue pour ce qui l'entoure, donc il suit la saison touristique. Un logement atypique se loue pour ce qu'il est : la demande devient beaucoup moins saisonnière. À budget de travaux équivalent, ajouter du caractère rapporte davantage qu'ajouter des mètres carrés.

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Votre calendrier est vide d'octobre à mars ?

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